Une brève histoire de l'Orgue et de son Avenir:
English
version:
Les origines de l'Orgue
remontent a
Ctésibios en Egypte aux
environs
de -1500 avant Jésus-Christ. Depuis sa création, il a
sans
cesse été l'objet d'inventions nouvelles, et permis une
forme
d'expression à la créativité humaine au cours de
siècles
où il constituait avec l'horlogerie le seul objet
véritablement
complexe encore jamais inventé par l'Homme. Dans un passé
récent, des inventions majeures le dotèrent des
possibilités
nouvelles que nous connaissons actuellement. A l'origine
entièrement
mécanique, il fut au XIX ème siècle doté de
relais pneumatiques, puis électrifié vers le début
du siècle.
Ces trois modes de commande des jeux et des notes font encore
aujourd'hui
l'objet de discussions techniques et artistiques nombreuses.
Ce texte a pour but de faire un point aussi précis et objectif
que possible sur ces différents systèmes de commande.
Connue depuis les origines de l'Orgue, elle permet un contrôle
direct
des soupapes et des jeux de l'instrument. Sa limitation principale
vient
du fait que la force des doigts de l'organiste a des limites
impossibles
à dépasser, ce qui contraint le nombre de jeux
actionnables
par un organiste.
De plus chaque clavier est rigidement associé à un
sommier:
Si
par exemple, il existe une trompette de 8' au grand Orgue, il n'est pas
possible de la tirer depuis les autres claviers/pédalier,
indépendamment
des autres jeux du sommier dont elle fait partie.
Ces
possibilités sont disponibles sur les sommiers à commande
électronique.
A permis de démultiplier la force humaine des doigts, permettant
une multiplication très importante du nombre des jeux. Ce
système
permet également les dédoublements de jeux, c'est
à
dire la possibilité de commander un jeu non pas à la
hauteur
de la note jouée, mais une à plusieurs octaves en dessous
ou au dessus.
Toutefois, ces dédoublements ne peuvent se faire que de
façon
globales, si le sommier est à registres, a moins d'utiliser le
système
dit "tubulaire" avec un soufflet par tuyau. Dans ce cas, on constate
des
décalages gênants entre l'émission du son des
différents
tuyaux.
Sa contrepartie est une perte de lien direct avec les
soupapes, une
taille de machine et une complexité très importante. On
aboutit
souvent à un toucher assez flou, comportant
un retard important à l'émission du son,
ne
permettant pas de sentir le décollement de la soupape. Notons
également,
comme pour le mécanique, l'impossibilité de
réaliser
en série de tels systèmes.
Curieusement, certains organistes rangent ce système dans la catégorie "transmission mécanique"

Consista a contrôler les soupapes par des electro-aimants
de tirage
direct
, relayés ou non par des relais pneumatiques. De
nombreuses
expériences furent faites selon ce principe, avec plus ou moins
de bonheur. Les meilleures réalisations furent faites par des
électro-aimants
à relais pneumatique, technique décrite ci-dessus. Dans ce cas, en
effet, chaque
électro
ne tire qu'une soupape par tuyau, et le courant de commande dans le
contact
de touche est réduit. A l'inverse, le remplacement du tirage
mécanique
direct par des électro-aimants (tirage mécanique direct sans relais
pneumatique)
pose un important problème de fiabilité, en raison de
l'ampérage
important constaté sur les contacts de notes. Seule l'électronique
apporte maintenant une solution élégante et fiable à ce problème qui
encore aujourd'hui est la principale cause de pannes de nombreux
instruments à transmissions électriques.
Introduite beaucoup plus récemment, elle apporte une solution au
problème précédent, en apportant un relais
électronique
solide, quasiment inusable, entre les contacts et les
électro-aimants.
Ces derniers ne sont plus dans ce cas traversés que par des
courants de quelques millis voir micro-ampères ce qui
étend
considérablement leur longévité, à la
grande
différence des courants utilisés dans les systèmes
électro-mécaniques qui sont de l'ordre de plusieurs
centaines
de milliampères, à l'origine de beaucoup de
difficultés
et critiques justifiées à l'encontre des Orgues à
tirage électro-mécanique.
Il va de soi que la commande électronique peut s'adapter aussi bien à
des sommiers à électro-aimants à tirage direct, qu'à des sommiers de
type "unité" avec un électro-aimant par tuyau. Mon système peut
délivrer en effet jusqu'à 7A par électro, largement suffisant pour des
électros directs que pour des électro-soupapes de type unité, qui consomment entre 150 et 200mA.
Bien
entendu, le système de
commande
électronique assure l'ensemble des possibilités de
dédoublements
et d'accouplements de la traction pneumatique ou électro-pneumatique.
Enfin, il assure
une indépendance
totale entre les jeux et les claviers, ce qui est impossible par les
autres
procédés: Tout jeu peut être actionné depuis
l'un quelconque des claviers/pédalier; De plus, le nombre des
claviers/pédalier
n'est pas limité.
La transmission
est ici quasiment
instantanée.
(à la différence du mécanique ou du pneumatique)
De plus,
la dureté du toucher
peut
être réglée à volonté, aussi
légère
que l'on désire.
Enfin, un toucher mécanique
peut
être
aisément simulé, grâce par exemple à des
aimants
permanents judicieusement placés sous les claviers. Ainsi que
par un choix judicieux de ressorts adaptés.
L'organiste
ressent ainsi la même
sensation sous les doigts que sur un instrument à tirage
mécanique. Enfin, du fait même que la transmission pneumatique de type
Barker, malgré sa lourdeur et son manque de fiabilité est souvent
exigée par les experts dans de coûteuses réparations, l'on ne peut plus
parler dans ce cas d'un contrôle direct de la soupape. Ni plus, ni
moins que sur un système à électro-aimants à tirage direct. Et de plus,
dans ce dernier cas, le controle de l'enfoncement de la soupape à
partir de la vitesse d'enfoncement des touches et de la pression est
possible.
CARACTERISTIQUES DE CE SYSTEME:
Quelques remarques destinées à clarifier divers propos
recueillis
au sujet du mode de commande électronique:
- Le son obtenu est toujours celui d'un Orgue à tuyaux,
comme dans l'Orgue mécanique, pneumatique ou électrique.
Il n'y a aucune production de son autrement que par des tuyaux.
- Il faut dissocier les possibilités de dédoublement
de
la technique de tirage électronique: Les dédoublements
sont
réalisables de façon bien plus aisée que sur les
Orgues
mécaniques, pneumatiques ou électro-mécaniques,
(quelques
lignes
de logiciel suffisent) mais
l'Organiste
peut très bien ne
pas
les utiliser, s'il n'apprécie pas leur effet.
De plus, à nombre de jeux égal, l'Orgue à
commande
électronique est nettement moins onéreux qu'un Orgue
à
traction classique (mécanique ou pneumatique ou
électro-mécanique) puisqu'il supprime
toutes les parties mécaniques de transmissions:
Abrégés,
soufflets, tirants de jeux, vergettes, etc...
Disons par exemple qu'ils permet à un petit Orgue d'augmenter
sa richesse sonore, sans augmenter le nombre de ses tuyaux. Chaque jeu
pouvant être séparément commandé en
16-8-4-2,
etc...
Le cout de l'instrument peut alors etre reduit dans un rapport d'au
moins 2, a effet sonore quasiment égal.
Rien ne distingue par contre un Orgue classique pneumatique ou
mécanique
d'un Orgue à commande électronique, à nombre de
jeux
égal, sur le plan sonore.
- Enfin, si l'on utilise les possibilités de dédoublement
de la commande électronique, il faut bien entendu que les
différents
jeux soient prolongés sur l'aigu, de 12 tuyaux si l'on demande
un
4' et de 24 tuyaux si l'on demande un 2', etc...
Mais ces prolongements ne sont pas tous indispensables, la souplesse
de la programmation pouvant pallier leur absence. Par exemple, le 4' et
2' d'une trompette de 8 peut fort bien être empruntée aux
dessus d'un jeu de fonds L'ordinateur pouvant déceler en
permanence
le potentiel de tuyaux libre.
Par ailleurs, le goût de l'organiste dans son choix de
registration
peut également apporter beaucoup dans la qualité
d'utilisation
de ce système.
La maintenance:
Contrairement aux pannes mécaniques, les pannes
électroniques,
beaucoup moins fréquentes, prennent souvent des allures de
psycho-drames,
en raison du mystère qui entoure parfois cette nouvelle
technique.
L'électronique, et l'informatique, lorsqu'elle est bien
conçue,
présente en fait beaucoup moins de pannes que le
mécanique,
l'expérience le démontre chaque jour.
Pascal Leray, le 1
Septembre 1996
UN PEU DE
FUTUROLOGIE (TRES PREVISIBLE)
SUR L'AVENIR DE LA
FACTURE D'ORGUE FRANCAISE:
Au
siècle
dernier, l'ensemble des besoins en matière d'Orgue liturgique
étaient
satisfaits par nos Facteurs d'Orgue: Depuis le Polyphone, et autres
Orgues
Positifs voire portatifs, jusqu'aux Grandes Orgues utilisant les divers
types de tractions décrits plus haut.
A l'heure actuelle, la Facture et les
Organistes Experts se
refugient
pour la plupart dans l'isolement de l'orgue mécanique
traditionnel.
Entre parenthèse, jamais, avec un tel état d'esprit,
n'auraient
pu éclore au siècle dernier des inventions telles que le
relais pneumatiques ou les transmissions électriques.
Certains leaders organistes experts se réjouissent de
ce que la plupart des Orgues actuels et des Orgues en construction sont
ou seront Mécaniques, "comme au Moyen Age" est-il precisé
parfois!
Certains vont même jusqu'à recommander ( quelle
évolution! ) des combinateurs pneumatiques!
Plus beau encore, apercu dans certains rapports: "Les
soupapes
sont supprimées"! ce qui démontre une
méconnaissance
technique profonde du sujet.
Si un
telle pensée unique avait
dominé
en France au XIXème siècle, jamais l'Orgue Symphonique
avec
Cavaillé-Coll n'aurait pu voir le jour!
De tels comportements archaïques et
sectaires seraient
plutôt
risibles s'ils n'avaient pas pour conséquence, à terme,
d'affaiblir
l'ensemble de la Profession des Facteurs d'Orgue en France:
Certes, comme pour le dessin animé, ou les automates, certains
survivront, mais la plus grande partie de nos Facteurs vont perdre le
segment
de marché intermédiaire entre l'Orgue électronique
(électronium) et les petits Orgues mécaniques de 10 12
jeux,
dont le prix pourra difficilement descendre en dessous de 500 000 Frs.
J'évalue ce segment à 10000 Orgues environ, rien que pour
la France!
Comme ils ont déjà perdu l'énorme marché
de l'Orgue électronique d'Eglise, dominé par les
Américains
et les Japonais, ils
perdront demain celui de
l'Orgue de 6 à 12 jeux réels de type "Unité",
à
électro-aimants à tirage direct, dont les prix sont
très
inférieurs à celui du mécanique.
De plus, l'apport de l'électronique-informatique donne à
ces instruments un attrait que n'ont pas les Orgues mécaniques
traditionnels
tant pour l'interprétation que pour le concert, ou
l'enseignement
:
Interfaces MIDI, possibilité d'utilisation de beaucoup plus
de tuyaux simultanément, enregistrement-lecture de partitions,
combinaisons
automatiques, possibilité de touches sensitives expressives,
transpositions,
etc...
Contrairement à la France, 50% des Orgues de nos voisins
étrangers
se construisent selon ce principe. Les
électro-aimants
à tirage direct se construisent par millions, sauf chez nous!
Nous avons perdu il y a 20ans en France la dernière fabrique de
composants pour Orgue (Jamet), alors que fleurissent les Laukhuff,
Kimber-Allen,
et autres Petersen à l'étranger où nos chers
Facteurs
s'approvisonnent dans l'indifférence la plus totale de nos
Experts-Organistes
qui gèrent l'ensemble des crédits publics.
Les Organistes-Experts portent sur
le devenir de la Facture
Francaise une lourde responsabilité:
Le refus de la commande électronique des soupapes
relève
de l'intégrisme autocratique, (en fait semblerait-il pour
certaines
sources d'une rétribution supérieure en cas de
restitution
au mécanique) si l'on veut bien considérer objectivement
les défauts du pneumatique et de l'électrique: (lenteur
et
manque de fiabilité), la fragilité et le coût du
mécanique,
inexplicablement toujours acceptés sans discussion malgré
les pannes nombreuses qu'il engendre.
Souhaitons qu'ils prennent en considération d'autres
éléments
que le culte du mécanique mais aussi l'ensemble des facteurs
économiques,
industriels, culturels et d'enseignement indissociables de l'Orgue
à
Tuyaux.
(Cher Dom Bédos! qui, lui, s'intéressait en son temps
déjà à la "Tonotonie", ou art de coder la musique!
serait tout à fait en phase (tout comme Bach) avec l'immense
potentialité
de l'électronique et de l'informatique actuelles!... et
probablement
très décrié par nos contemporains!).
Et le plus important de tous: la création musicale du
XXIème
siècle:
Sans la machine Barker ni Cavaillé-Coll, Franck,
Saint
Saens, Widor et bien d'autres, n'auraient pu exprimer leurs musiques!
De plus,
certains experts cherchent de
surcroît
a attiser les craintes de certains Organistes devant la
nouveauté:
Nous ne voyons vraiment pas
en quoi un mode
de traction de notes et de jeux nouveau, plus fiable et plus
précis,
peut "scier la branche sur laquelle ils reposent".
On pourrait objecter de
même à
l'encontre de la machine Barker, et des transmissions
électriques,
beaucoup plus coûteuses et -l'expérience le montre chaque
jour-, beaucoup moins fiables!
Enfin, si
l'affirmation citée plus
haut
s'adresse aux possibilités nouvelles liées à
l'informatique
de lire et enregistrer la musique, que dire des innombrables pianos et
orgues électroniques (et, à l'étranger, à
tuyaux)
qui peuvent le faire depuis des années grâce à la
norme
MIDI, avec stockage sur disquette, sans parler, bien sûr, des
techniques
d'enregistrement, (disques, pistes sonores du cinéma, techniques
numériques) qui ont depuis le milieu de ce siècle permis
une large diffusion de la musique.
Par
ailleurs, la plupart des orgues
neufs
construits hors de l'hexagone comportent des entrées-sorties
MIDI,
permettant l'enregistrement et la lecture des interprétations!
De plus, un CD ou
tout appareil automatique
n'ont jamais encore pu accompagner une foule de facon aussi
fluide
et souple que ne le fait un bon Organiste.
Mais il est toujours de bon
ton, en France, de
critiquer les inventeurs réalisateurs, et de s'esbaudir et
recommander
les produits construits à l'étranger.
Pascal Leray, le 10 Octobre 1999
L'ORGUE
DANS
L'HISTOIRE DU MONDE:
Au contact de centaines
de personnes
qui sont montées à ma tribune pour visiter mon orgue,
j'ai pu constater qu'en France, bien peu de gens
connaissent les origines de l'orgue et sa place dans l'histoire du
monde.
Beaucoup sont surpris de découvrir que l'orgue existait bien
avant les débuts du christianisme: En Chine, 6000 ans avant
Jésus Christ, et en Egypte près de 1500 ans avant notre
ère.
Après l'hydraule inventée par Ctésibios, vers 250
avant
Jésus-Christ il connut rapidement un très vif
succès, et se répandit très largement dans le
monde antique, jusqu'à la cour des Empereurs Byzantins, des
Grecs et des Romains. Des monnaies romaines et grecques en attestent
l'existence.
Toutefois, dans les
premiers
siècles de l'église, il fut considéré
comme un instrument paien, puisque
survivant de
l'ancien monde Gréco-Romain.
Tout comme le chant dans
les premiers
siècles de l'église, il fut interdit dans les lieux de
culte durant des siècles. Signalons qu'au VIII ème
siècle, pépin le bref reçut en cadeau un orgue en
provenance de Byzance. Fait significatif, il fut installé non
pas dans l'église, mais dans la demeure royale.
Il est à noter que l'église, dans les premiers
siècles et jusqu'au XIIIème siècle environ, a interdit le chant et l'orgue, puis
toléré le
chant grégorien monophonique, puis polyphonique, et enfin
beaucoup plus tard l'orgue. Instrument dont l'existence, et la
fabrication avaient totalement disparu en occident.
Jusqu'à la fin du moyen-âge, l'orgue n'avait sa place que
dans les riches demeures et les châteaux. Souvent sous forme de
petits instruments portatifs ou transpostables, d'assez petite tailles,
pour les loisirs et les divertissements.
Ce n'est qu'à partir du XVIIème siècles que de
grands instruments ont vu le jour de façon
généralisée dans les églises. En fait, après que les Anglais eurent
décidé au XIVème siècle de construire un orgue à Westminster, les
évêques français se mirent tous à vouloir leur orgue. Ainsi se
développèrent les orgues en France, à Reims, puis Paris, et dans les
diverses capitales régionales.
Paradoxalement, à notre époque, les orgues ne se trouvent
pratiquement plus en France que dans les églises, laissant
croire au public que ces instruments sont essentiellement à
usage et d'inspiration religieuse, en contradiction avec l'histoire
réelle de l'instrument.
A la révolution, en effet, l'orgue souffrit aussi, comme aux débuts
de l'histoire du christiannisme, d'avoir été une
invention des siècles passés, que la tourmente
révolutionnaire voulait à tout prix balayer. Tel Saint Paul aux débuts
de l'ère chrétienne, qui s'acharna à détruire tout ce qui était
antérieur à la naissance du Christ. C'est ainsi
que de très nombreux orgues furent brûlés, (comme
d'ailleurs la plupart des clavecins), certain (assez rares) ne devant
leur salut que grâce à un organiste éclairé
qui connaissait La Marseilleise... et résussissait ainsi
à calmer la fièvre destructrice des
révolutionnaires.
Les orgues
qui ne sont pas détruits furent souvent laissés à l'abandon.
Il faut, je pense,
trouver là
l'ostracisme qui régna durant tout le XIXème et le
début du XXème dans les conservatoires de musique en
France à l'encontre de la musique baroque, donc
antérieure à la révolution et à ce titre,
suspecte. Ce n'est que récemment que la plupart de nos
conservatoires se dotent enfin de petits orgues et de clavecins. ( A
part, bien entendu les plus grands, qui formèrent la petite
élite d'organistes du XIXème siècle, et à
qui l'on doit de ne pas avoir laissé dans l'oubli Bach, Haendel,
Vivaldi et les autres. )
Au
début du christianisme, les orgues hydrauliques (Hydraules) et à
soufflet, pourtant très répandus dans l'empire Romain, furent
systématiquement interdits et détruits. Un flou artistique demeure
concernant l'origine de ces destructions : Sont-ce les barbares venus
de l'est et du nord, ou bien tout simplement les pères de l'église qui
à l'instigation de St Paul, détruisirent les marques de la civilisation
Romaine ? On découvre cependant que jusqu'au IVème siècle, des
"Hydraularii" ou joueurs d'orgues étaient appointés avec leurs épouses
chanteuses et joueuse de Luth pour la musique.
(Ex cité dans le livre de Jean Martinet : T. Aelius et son épouse Aelia Sabina à Aquincum, aux confins de l'empire Romain).
On
a ainsi retrouvé leur orgue, bien entendu dans un état de destruction
très avancé. Connaissant par ailleurs le nombre important d'instruments
dont disposaient les empires Egyptiens, Grecs et Romains, le fait de ne
retrouver aucun vestige en dehors de cet orgue au confins de l'empire,
pose question et semble porter la marque d'une volonté de destruction
massive. Quid des barbares et/ou de l'église en est le premier
responsable ?
Autre sujet d'interrogation : Pourquoi les
épidémies de peste et de choléra apparurent dans les premiers siècles
de la chrétienté, jusqu'à une époque récente ? Alors qu'elles ne sont
pas mentionnées dans les écrits Grecs ou Romains ? N'oublions pas que
les Romains avaient une excellente hygiène de vie, la connaissance des
bains, des canalisations, des bienfaits de l'eau, des systèmes
d'assainissement, toutes choses qui furent suppimées en raison du
mépris du corps prêché par les pères de l'église (voir les
mortifications pratiquées par de nombreux saints et saintes). En
visitant certains chateaux de la Loire, on apprend que les rois se
baignaient une fois l'an dans du lait (Azay-le-Rideau). On peut voir à
Villandry une baignoire à parfums ! Le chateau de Versailles témoigne
d'un début de réhabilitation du bain (mais uniquement pour le
souverain). On reste fasciné aussi par l'ordonnance des ruines de
villages romains, avec leur organisation intégrée : Temple, Forum,
boutiques de marchands, Amphithéatres, qui témoignaient d'une
conception globale de la vie de la cité. Toutes choses qui n'existaient
plus au moyen âges et après. C'est pourquoi dans les cathédrales, seuls
édifices spatieux et construits en dur, sans chaises ni bancs,
s'opéraient au moyen-âge et par necessité toutes sortes d'activités y
compris marchandes ou politiques, en dehors de la liturgie.
On
peut comparer les statues pleines de vie que nous ont légués les
romains, et les tristes mines des personnages officiels représentés sur
les tableaux des grands peintres Européens.
Certes le Romains
avaient des jeux de cirque cruels, mais que ne fit-on pas ensuite ! Ne
citons que la vie de Clovis, roi très chrétien, auteur de très nombreux
meurtres, la destruction des templiers par les évêques, Jeanne d'Arc,
l'inquisition, la bénédiction des canons pour encourager les peuples
européen à s'entretuer, l'esclavage (en vigueur déjà sous les Romains).
Certes les empereurs Romains furent cruels à l'égard des
chrétiens, mais que firent ces derniers lorsqu'ils arrivèrent au
pouvoir ? Les Romains de plus ne les jugaient pas en raison de leur
croyance religieuse, mais en fonction des troubles graves qu'ils
suscitaient.
Pour en savoir plus:
http://www.desarbre.com/pages/page50.html
http://nbuytaer.ifrance.com/Histoire/
http://books.google.com/books
Livre de Jean Marie Martinet : 2000 ans d'orgues De Ktesibios à Jean-Sébastien Bach
Article du Point du 16 avril 2009 : Saint Paul et sa volonté de destruction de la civilisation Romaine
http://www.mediterranee-antique.info/Moyen_Age/Divers/Clovis_1.htm : extrait:
http://www.fdn.fr/~rebours/clovis.htm
QUELQUES
FAITS HISTORIQUES:
Signalons qu'en 757, pépin le bref reçut en
cadeau un orgue en provenance de Byzance, offert par Constantin
Copronyme. Cet instrument était totalement inconnu en France.
Le prêtre Georges découvrit cette tradition totalement
perdue en occident et put ainsi reconstruire d'autres orgues à
partir de ce modèle. En particulier à Saint-Savin, dans
le Poitou et à Aix-la-Chapelle.
En 826,
Charles le Débonnaire, demande à un
prêtre Vénitien de lui construire un orgue au palais
d’Aix, un
an plus tard le même prêtre construit, un orgue
à
l’Église St Savin dans le Poitou, C’est le 1er
Orgue d’EGLISE.
Ensuite
l’histoire nous replonge dans une période assez
trouble
et mal connue. Au IX ème siècle, on sait
qu’il
existe des instruments un peu partout en Europe, mais il faut
attendre, le XI ème Siècle pour voir
apparaître
l’orgue dans les grands centres intellectuels tel que Reims
ou
Chartres.
Signalons
enfin, que jusqu'au XIXème siècle, les femmes n'avaient
pas le droit de jouer de l'orgue. En 1835, un archevêque pouvait
interdire à une femme organiste le droit de jouer sur un orgue
d'une église dont il avait la responsabilité. Actuellement dans
cetaines paroisses, les femmes n'ont pas le droit de distribuer la
communion, ni de pénétrer dans le choeur des églises.
Paradoxalement
aussi, à notre époque, l'Eglise ortodoxe interdit l'usage
de tout instrument et en particulier de l'orgue, au cours de ses
cérémonies.
Fort
heureusement, l'orgue semble maintenant reconnu dans la tradition
actuelle de l'Eglise dans son rôle liturgique. Au point d'ailleurs
qu'en France, le grand public pense que l'orgue est une invention de
l'église spécialement conçu et utilisé pour le service liturgique. Ce
qui conduit beaucoup de Français non croyants et hostiles à l'église à
rejeter l'orgue en raison de l'amalgame qu'ils font entre cet
instrument et la religion catholique, ignorant que l'orgue est en fait
bien antérieur à celle-ci ! Et qu'il fut interdit durant 12 siècles par
l'église catholique...
Même
à l'heure actuelle, les organistes sont souvent l'objet de petites ou
grandes persécutions ordinaires. L'instrument orgue étant un puissant
symbole de pouvoir, ne manque pas de susciter jalousies
et suspicion
de la part du pouvoir ecclésiatique qui ne le maîtrise pas. Les grandes
souffrances qu'endurèrent Bach et Mozart sous la férule de leurs
archevêques respectifs sont bien connues.
Les souffrances ordinaires
qu'endure parfois l'organiste d'église vont de la restriction de son
accès à l'orgue, voire son interdiction lorsque l'église est ouverte au
public. Certains incitent les paroissiens à parler fort, sous
l'orgue, lorque l'organiste joue à la sortie de messe : cas réel
récent rencontré dans une église parisienne.
Certains prêtres
opèrent différemment, en multipliant messes, adorations, prières,
confessions, cérémonies diverses, empêchant l'organiste de travailler
sur son orgue.
Certains retirent carrément l'instrument de leur
église : le cas s'est vu pour un harmonium. (Pour un grand orgue, cela
serait nettement plus difficile et coûteux).
A l'inverse, dans l'ancien empire soviétique, les organistes qui
offraient leurs services pour la messe se voyaient privés de leur
emploi pour cette simple raison.
Il est aussi plaisant de mentionner que si Luther appréciait la musique
et l'orgue (il fut même compositeur), Calvin, au contraire avait
interdit l'orgue (mais non le chant). C'est l'une des raisons pour
laquelle l'orgue de répandit en Allemagne, mais pas à Genève, où il
fallut attendre une époque récente pour qu'un orgue soit érigé dans une
église calviniste.
De plus, à l'heure
actuelle, les orgues, comme les églises, sont dans leur grande
majaorité des biens dépendant des pouvoirs publics. La pratique
religieuse catholique ne cessant actuellement de décroître, l'entretien
par la collectivité des églises et des orgues publics pose problème, à
moins que la hiérarchie de l'église finisse par admettre clairement
leur rôle dans des activités culturelles et musicales en dehors de leur
rôle liturgique.
Des orgues privés commencent à apparaître en
Europe, dans des églises encore utilisées pour le culte, ou dans celles
vendues à des privés ou à des associations culturelles musicales.
Autres solutions possibles :
En
Suisse, et dans d'autres pays Européens de petites paroisses partagent
leurs églises pour divers cultes. Il arrive même que le pasteur dise
son office dans l'église catholique et inversement.
Bel exemple d'oeucuménisme concret.
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